5 actions à absolument réaliser dans son bâtiment à la fin de la période de chauffe (et 4 choses à ne pas faire)
- 13 avr.
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À la fin de la période de chauffe, la priorité est de stabiliser les consommations énergétiques pour éviter les dérives de l'intersaison. L’expérience du terrain d’Alter Watt nous permet d’estimer que sans travaux, une optimisation de l’usage des systèmes de tous les bâtiments tertiaires permettrait une réduction de 8 à 12% de la consommation énergétique du parc à l’échelle du pays.
Voyons donc quelles sont les 5 actions prioritaires et les 5 choses à ne pas faire à la sortie de la période de chauffe.
Sommaire
I) Les 5 actions prioritaires à mener à la fin de la période de chauffe : comment optimiser vos systèmes dès avril ?
Loi d’eau : pourquoi faut-il auditer les courbes de chauffe et la loi d'eau ?
Nettoyage du réseau de chauffage : qu'est-ce que le désembouage et pourquoi l'engager maintenant ?
Ventilation et qualité de l’air : comment influent-elles sur le confort de vos occupants au printemps ?
Faire attention au calcaire dans le système de votre chaudière/pompe à chaleur : qu'est-ce que l'auto-gommage des circulateurs ?
Climatisation : pourquoi planifier la maintenance préventive du froid dès maintenant ?
II) Les 4 erreurs à éviter à la fin de la période de chauffe : quels sont les pièges de l'intersaison ?
Couper totalement la production d’eau chaude : pourquoi ne faut-il pas le faire ?
Réduit de température et inertie thermique : pourquoi ne faut-il pas se fier au réduit pour assurer la température de son bâtiment à partir de mai ?
Attendre septembre pour faire ses travaux : pourquoi est-ce une erreur ?
Pourquoi ne faut-il pas attendre pour déclarer vos données sur OPERAT ?

Les 5 actions prioritaires à mener à la fin de la période de chauffe : comment optimiser vos systèmes dès avril ?
Loi d’eau : pourquoi faut-il auditer les courbes de chauffe et la loi d'eau fin de la période de chauffe ?
Important : modifier la loi d’eau à mesure que la température extérieure s’adoucit (ou chauffe franchement).
La loi d’eau est le paramètre de régulation qui définit la température de l'eau qui part dans le réseau de chauffage en fonction de la température extérieure. Si elle est réglée pour l'hiver, une chaudière risque de produire une eau à 60°C par automatisme alors qu’il peut déjà faire 15°C dehors. C’est beaucoup trop chaud, le bâtiment va surchauffer et la chaudière devra rapidement s’arrêter. Baisser la température de consigne permet donc de consommer moins d’énergie et surtout éviter les cycles courts qui endommagent la chaudière à la fin de la période de chauffe.
Nettoyage du réseau de chauffage : qu'est-ce que le désembouage et pourquoi l'engager à la fin de la période de chauffe ?
Le désembouage consiste à nettoyer les dépôts de boues (oxydes de fer et calcaire) qui s'accumulent dans les tuyauteries et les émetteurs (chauffages, appareils de clim). Durant l'hiver, ces boues créent des zones froides dans les radiateurs et forcent la chaudière à consommer plus d’énergie pour un résultat moindre. Profiter de l'arrêt du chauffage pour traiter le réseau permet de retrouver une conductivité thermique optimale la saison suivante, ou à l’été si votre bâtiment est équipé d’une pompe à chaleur réversible.
Ventilation et qualité de l’air : comment influent-elles sur le confort de vos occupants fin de la période de chauffe ?
Au printemps, la ventilation est l’arme numéro 1 de rafraîchissement des bâtiments tertiaires. Une VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) dont les filtres sont encrassés ou dont les bouches sont mal réglées peut générer des nuisances sonores ou une sensation de "moiteur" dans les bureaux car son débit peut s’en trouver limité. Pour les travailleurs comme pour les écoliers, une mauvaise qualité de l'air intérieur (QAI) est directement corrélée à une baisse de productivité. Entretenir la ventilation en avril prépare le bâtiment au bon rafraîchissement en été !
Faire attention au calcaire dans le système de votre chaudière/pompe à chaleur : qu'est-ce que l'auto-gommage des circulateurs ?
Il est important à l’arrêt du chauffage de s’assurer que les équipements continuent de fonctionner par intermittence pour éviter l’encrassement. L’accumulation de calcaire et d'impuretés sur le circulateur de votre chaudière (la pompe qui fait circuler l'eau dans votre immeuble) entraîne le “gommage” qui, risque de demander une intervention manuelle sous peine de griller son moteur au redémarrage en octobre. Pour y remédier, un paramétrage de votre GTB qui force le moteur à tourner 1 à 2 minutes par semaine pendant l'été peut suffire.
Climatisation : pourquoi planifier la maintenance préventive du froid dès fin de la période de chauffe ?
La maintenance préventive consiste à vérifier les équipements avant qu'ils ne tombent en panne. Pour les groupes froids ou les PAC, cela implique de contrôler le niveau de fluide frigorigène. Un manque de fluide oblige le compresseur de votre système de climatisation à forcer, ce qui augmente drastiquement la consommation énergétique et peut mener à une casse coûteuse. En anticipant cette vérification avant les fortes chaleurs, vous évitez les délais d'intervention interminables des prestataires en plein mois de juillet.
Les 4 erreurs à éviter à la fin de la période de chauffe : quels sont les pièges de l'intersaison ?
Couper totalement la production d’eau chaude : pourquoi ne faut-il pas le faire à fin de la période de chauffe ?
Dans de nombreux bâtiments, le chauffage et l'Eau Chaude Sanitaire (ECS) partagent la même chaufferie. Si vous coupez totalement la production d’eau chaude pour économiser, vous risquez de voir apparaître la légionellose, une bactérie mortelle qui prolifère dans l'eau stagnante entre 25°C et 45°C. Les cycles anti-légionnelle sont des montées en température programmées (généralement au-dessus de 60°C) pour stériliser le ballon et les canalisations. Maintenir ces cycles est une obligation sanitaire absolue, même si le bâtiment est peu occupé.
Attendre septembre pour faire ses travaux : pourquoi est-ce une erreur ?
La fin de la période de chauffe est un moment idéal pour faire ses travaux de maintenance ou mener des travaux plus lourds de rénovation énergétique. Puisque les équipements de chauffage et de climatisation ne sont pas en usage entre avril et début-mi juin, ne pas attendre pour faire ses travaux permet de ne pas travailler dans l’urgence et de minimiser l’inconfort des occupants du bâtiment.
Réduit de température et inertie thermique : pourquoi ne faut-il pas se fier aux réduits pour assurer la température de son bâtiment à partir de fin de la période de chauffe ?
Le réduit est une consigne de température abaissée sur une plage de temps (ex: 17°C au lieu de 19°C, de 23h à 6h du matin). Elle permet d’éviter le chauffage du bâtiment lorsque ce n’est pas nécessaire. Le problème est qu’une consigne de réduit seule prend en compte la baisse de température du bâtiment, mais pas forcément la hausse. Elle instaure une température plancher mais pas de plafond et n’influe donc pas sur la ventilation. Il est pourtant capital au printemps et en été d’utiliser la ventilation nocturne pour refroidir le bâtiment la nuit sans avoir à passer par la climatisation. Il en va du confort des occupants et de la facture énergétique du bâtiment. Se fier simplement aux réduits de température n’est donc pas suffisant pour éviter la surchauffe de son bâtiment au printemps et surtout en été.
Pourquoi ne faut-il pas attendre pour déclarer vos données sur OPERAT ?
Le dispositif Éco Énergie Tertiaire impose de déclarer vos consommations énergétiques annuelles avant le 30 septembre sur la plateforme OPERAT. Attendre la rentrée de septembre pour collecter les factures de l'hiver passé n’est pas la meilleure des idées. La fin de la période de chauffe est le moment idéal pour faire le bilan de l'année N-1 et vérifier si vos actions d'efficacité énergétique sur la saison passée portent leurs fruits pour ajuster votre stratégie la saison prochaine.

Jacques Montagne
Président d'Alter Watt
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